15.01.2009

Un amant en Palestine de Sélim Nassib

Je vis en Palestine depuis neuf ans, dit-elle presque rêveusement, et je réalise maintenant à quel point ces années ont été pacifiques.J'ai vraiment cru qu'il n'y aurait plus jamais ce déchaînement insensé de violence contre nous. Mais le pogrom nous poursuit. Même pulsions de mort, même haine aveugle, même odeur de sang. Il n'y a finalement que la couleur des uniformes qui a changé.
- Tu ne peux pas dire ça, murmure Albert en s'approchant. Il y avait des Arabes couchés dans les rues, assassinés pour avoir voulu empêcher les émeutiers de s'en prendre aux juifs .....
- Il n'y a plus un seul Juifs dans cette ville ou ils étaient implantés depuis huit-cents ans.
- Tu ne connais pas la société palestinienne, murmure-t-il. Elle est pauvre, aux trois quarts analphabète. Elle ne comprend rien à ce qui lui arrive. Ses terres sont achetées et ses paysans transformés en fantômes hantent les rues de Haïfa et d'ailleurs.

 

Sélim Nassib, Un amant en Palestine

- éditeur : Robert Laffont

 

 

Je cherche par ailleurs un extrait d'un roman d'Albert Cohen, ou Solal est en Palestine dans les années 30, et a une discussion avec un de ses cousins; celui-ci énonce une phrase d'une force visionnaire incroyable. Qui prend tellement de sens aujourd'hui. Si qq'un peut m'aider ..

En substance: "les juifs ne connaitront jamais le bonheur et la paix plus de 30 années consécutives, et c'est tant mieux, car le bonheur rend stupide et suffisant. Même en Palestine, ils ne le connaitront pas". troublant non ?